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Vendredi 15 octobre 2010 5 15 /10 /Oct /2010 11:05

Ils étaient en vue d'Erladys. On apercevait clairement le port et derrière lui, la Source, la mer dont Aurélia avait tant entendue parler.
Aurélia était agrippée à la jambe de son frère. Elle ne l'avait pas lâché depuis qu'ils s'étaient séparés de leur frère.
Aurélia n'avait pas arrêté de penser à Malastar, et durant son sommeil, il lui semblait parfois qu'elle lui parlait et qu'elle communiquait avec lui.
Bien sûr elle n'en avait pas parlé à Akhim. Depuis leur séparation, Akhim n'avait pas une seule fois abordé le sujet. Elle avait peur de sa réaction.
Cela faisait bientôt une augure qu'ils marchaient lentement en direction d'Erladys. Aurélia espérait que le compagnon draconnique de son frère les aurait emmenés plus rapidement et plus confortablement vers Erladys.

Akhim : Il fallait que ça se passe comme ça.
Aurélia : Que... Quoi ?
Akhim : Lady Sino est occupé, nous devions rejoindre Erladys par nos propres moyens.
Aurélia : Je n'aime pas quand tu fais ça... et surtout sans me demander la permission.

Ils avaient encore une bonne demi-journée de marche devant eux. La plupart du temps, l'apprenti combattant portait sa jeune sœur.

Aurélia : J'ai envie qu'on arrive à Erladys. Ca doit faire un siècle qu'on n'a pas dormi dans un vrai lit.

Ils arrivèrent aux portes de la ville. Un soldat gardait seul l'entrée de la porte :

Garde : Bonjour apprenti. Vous n'avez rien de spécial à déclarer.

Akhim regarda sa sœur.

Akhim : Non c'est bon.
Garde : Vous n'êtes pas de cette ville.
Akhim : Non.
Garde : Mais d'où est ce que vous venez ?
Akhim : Des Crocs.
Garde : Des Crocs ??? Et bein dis donc, vous avez eu de la chance de ne pas tomber sur des voleurs sur le chemin.
Akhim : De la chance... Soldat, la chance n'a rien à voir. Nous devions venir voir quelqu'un à Erladys.
Garde : Tiens donc.... et puis je savoir de qui il s'agit.
Akhim : Non.
Garde : Non ?
Akhim : Non, je ne peux pas vous dire de qui il s'agit.

Le soldat porta la main à la garde de son épée. Il leva un peu le ton pour faire valoir son autorité.

Garde : Expliquez-vous apprenti ?

En réponse, Akhim commença à se concentrer afin de lui même faire valoir son lien. Mais subitement, l'attitude du soldat changea.

Garde : Il faut pas avoir peur petite... Toi et ton frère ne craignez rien ici, je monte la garde, personne ne vous embêtera.

Akhim resta de marbre. Son visage ne laissait rien paraitre mais quelque chose lui avait une nouvelle fois échappé. Ce n'était pas la première fois qu'il avait l'impression bizarre que sa sœur était intervenue au milieu d'une discussion, et cela finissait toujours de la même façon.

Garde : Alors, je vous conseille d'aller dans l'auberge où travaille ma sœur, c'est vraiment un endroit propre et pas cher. Et puis comme ca, je pourrais venir voir si vous êtes bien installé.
Akhim : Merci.

Le soldat leur donna des indications pour se rendre dans l'auberge en question. Akhim et Aurélia pénétrèrent dans l'enceinte de la ville.
Ils se rendirent directement à l'auberge en question. Elle se trouvait en face de l'académie de Magie. Aurélia vit là une coïncidence. Akhim sourit en voyant le bâtiment.

Akhim : C'est là que nous devons nous rendre.

En se dirigeant vers le grand bâtiment, ils virent sortir une chatte.

Aurélia : Tu as vu, Akhim ?

Son frère dégaina aussitôt son arme en pleine rue, alertant des soldats en faction prés de l'académie.

Aurélia : C'est une prodige... qu'est ce qu'elle est belle !

Akhim resta abasourdi, son arme à la main. Il regardait l'animal qui était déjà en train de remonter la rue. Sa sœur l'agrippa brièvement par la main, et instantanément, il vit à travers les yeux de sa sœur.
Et effectivement, au lieu de la chatte, il voyait une prodige nue s'éloigner. Il distinguait les tatouages qu'elle avait dans le dos et sur les avant bras.
Comme interpellé par Aurélia la prodige animalière se tourna vers eux un court instant, comme pour les saluer.
Akhim prit alors conscience que l'éducation de sa sœur devait être prise en charge par des personnes de cette académie. Et alors qu'il était perdu dans ses pensées, il prononça quelques mots.

Akhim : Bordel à queue multicolore.
Aurélia : Quoi....
Akhim : ... Je... Non
Aurélia : C'est rigolo ce que tu viens de dire. Bordelakëmultikolor. Bordelakëmultikolor. Bordelakëmultikolor. Hi hi hi...

Ils finirent par pénétrer dans l'enceinte de l'académie.
L'entrée donne sur une grande salle qui sert de vestibule pour toutes les écoles de Magie. Un mage II de Brorne s'approcha d'eux, l'air sévère.
Mage : Seuls les élèves sont autorisés à circuler librement dans l'enceinte de l'académie.
Akhim : Je... et bien j'accompagne ma sœur et nous souhaitions voir quelqu'un.
Mage : Oui, je vous ai entendu prononcer le nom de Maître Bordelakëmultikolor avant de rentrer ici. D'ailleurs la rue entière a dut vous entendre.

Akhim avait du mal à reprendre totalement possession de ses moyens, il avait l'impression d'être au milieu d'une mer inconnue, un comble pour lui.
Le Mage les conduisit à travers le vestibule pour emprunter le couloir qui mène à l'aile du bâtiment réservé aux mages de la nature.
A l'opposé de son frère, Aurélia semblait très à l'aise, comme si le lieu lui était familier.
Le groupe mené par le Mage finit par arriver devant une porte en forme d'arbre devant un couloir.
Le Mage patienta un court instant avant de repartir, laissant Akhim et sa sœur devant la porte en question. Akhim frappa avant de rentrer.
Un mage III se trouvait au centre de la pièce et semblait les attendre.

Mage : Je vous remercie d'être venue. Je vous attendais un brin plus tôt. J'ai fait comme la Maîtresse voulait.... mais... enfin bon... moi ce que j'en dis. De toute il m'arrive que des merdes depuis ce matin, alors....

Akhim se sentit un peu perdu, il ne savait pas ce qui allait se passer. Il serrait de sa main droite la garde de son épée pour se rassurer.
Sa sœur lui prit la main et de nouveau la quiétude gagna son cœur. Il se sentait de nouveau sûr de lui. Un peu comme si Lady Sino s'était trouvé à ses cotés. Sa sœur était en train de lui sourire.

Mage : Bon, je pense qu'il ne faut plus perdre de temps, sinon la Maîtresse va s'impatienter.

Il invita Akhim et sa sœur à le suivre. Ils parcoururent quelques couloirs en forme de branches d'arbre ou de galeries souterraines et arriérèrent sous un immense dôme avec une grande ouverture vers le ciel.
Au centre de la pièce se tenait un dragon. Akhim n'aurait pas pu dire pourquoi mais il se sentait véritablement désolé tout d'un coup. Un peu comme s'il venait d'apprendre une terrible nouvelle.
Il passa mentalement en revue le moment les plus tristes de sa vie: La mort de sa mère, la mort de son père, le départ de son frère, ....
La peine qu'il approuvait devenait de plus en plus dure à soutenir. Il vit le mage fondre en larme et gémir en se roulant au sol et en répétant :

Mage : Ah, quelle misère, quelle misère....

Akhim posa un genou à terre et commença à prier Lady Sino.
Il sentait une sorte de pression mentale qui l'obligeait à songer à des évènements tristes mais il lui semblait pouvoir résister encore un peu. Sûrement le temps qu'il puisse contacter Lady Sino.
Il leva les yeux et vit sa sœur se diriger vers le dragon. Elle avait l'air très triste mais semblait mieux accuser le choc que le Mage ou que lui.
Quand la gamine fut à portée du dragon, ce dernier posa sur elle un regard insupportable de tristesse.

Aurélia : Pourquoi es tu triste ?
Dragon : Mon élue est morte, elle m'a laissé.
Aurélia : Elle t'a abandonné ?
Dragon : Elle n'a pas eu le choix, en quelque sorte.
Aurélia : ... Je ne t'abandonnerai pas moi...
Dragon : Je sais Aurélia, je sais.

***

Quelques jours plus tard, Ahkim finissait d'équiper son cheval.
Il quittait Erladys pour rejoindre un petit village prés de Kendyr.
Alors qu'il attachait une ultime lanière, le mage Bordelakëmultikolor vint le saluer une dernière fois.

Mage : Puisse votre route être dégagée.
Akhim : Mon dragon m'a demandé de la rejoindre près de Kendyr. J'ai hâte de la revoir.
Mage : Aurélia sera bien formé ici.
Akhim : Je sais.
Mage : Vous saviez que Maîtresse Acia était là ?
Akhim : Non.
Mage : Vous avez eu de la chance.
Akhim : Non, ce n'est pas une question de chance, Mage. Les évènements se sont déroulés comme cela était prévu, il ne pouvait en être autrement.
Mage : Vous allez repartir seul ?
Akhim : Nous l'étions déjà à l'allée.
Mage : Il y a beaucoup de voleur sur la route qui mène ici.
Akhim : Considérez que depuis quelques jours, il y en a nettement moins.

Par [Quazar] - Publié dans : Taverne de Maliki
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